
Le week-end dernier, j’ai eu la joie de bivouaquer sur une plage protégée. Elle est un lieu de ponte privilégié par les tortues marines. Ce fut aussi pour moi deux jours hors du temps. Deux jours pour recharger mes batteries.
Deux espèces de tortues marines viennent se nourrir ou pondre dans le lagon de Mayotte : les tortues vertes et les tortues imbriquées. Afin de mieux les connaître, l’association des Naturalistes de Mayotte s’est engagée dans une étude scientifique sur 7 années. Ainsi, tous les we depuis 5 ans, des salariés et bénévoles de l’association se rendent sur la plage de Saziley, au sud de l’île, pour y effectuer des observations.

Des activités de sensibilisation
Cette plage effectivement est un lieu privilégié pour la ponte par les tortues car elle est peu fréquentée. Cette présence régulière permet également d’assurer la protection de ces mammifères du braconnage. Leur chair se vend très chère au marché noir… no comment !
Chaque vendredi, toute une équipe vient s’installer un peu en retrait de la plage, sous les farés. C’est un bateau qui transporte la batterie de cuisine et les denrées alimentaires, les hamacs et surtout de l’eau potable car sur place il n’y a rien. Depuis peu, il y a même des toilettes sèches.

Afin de sensibiliser le public à la protection des animaux et plus largement de l’environnement, l’association propose diverses activités, donc ce bivouac. Il est ouvert au grand public. Mais force est de constater que nous n’étions que des métropolitains… Il semble que les Mahorais, pour le moment en tout cas, ne viennent pas encore participer aux activités de l’association. Un travail se sensibilisation auprès des enfants est en cours… Patience donc !

Merci à lui !
L’observation des tortues
Alors pouvoir observer les tortues à la pointe de Saziley, ça se mérite ! Car nous n’y sommes pas allés en bateau, mais en marchant. Et autant dire que là encore cela a été une épreuve tellement il faisait chaud ! Jamais en métropole je n’aurais marché avec une telle chaleur. En plus, il y l’humidité de l’air. C’était comme marcher dans un hammam !!! Bon heureusement, notre guide, Dieuveut, a fait régulièrement des pauses pour nous donner des infos sur les tortues mais également sur la flore et la faune locales. Un régal !

Les tortues viennent pondre la nuit. Notre guide est donc venu nous réveiller lorsqu’une des tortues était en train de pondre. Habillés en couleur foncée et à la lueur d’une lumière rouge, pour ne pas les déranger, nous avons pu observer une des tortues pondre. C’était magique ! Et très émouvant !
Les oeufs de tortue ressemblent à des balles de ping-pong. C’est bluffant. Une femelle peut en pondre jusqu’à 200 ! En moyenne je crois que c’est peut-être 80. Une fois sortie de l’eau, elle trouve un endroit sur la plage propice à creuser son “nid”, puis le “trou de ponte”. Elle y dépose ensuite ses yeux. Puis elle va recouvrir ce trou et patiemment, au terme de beaucoup d’efforts, elle va peu à peu sortir du nid qu’elle a creuser. Puis retourner à l’eau. Tout cela peut prendre plusieurs heures. Il ne faut pas oublier que ces mammifères peuvent peser jusqu’à 200 kilos et ne sont pas équipés pour se déplacer sur la terre ferme. Ce sont leurs nageoires qui leur servent à avancer sur terre et à pelleter le sable.

La femelle que nous avons observée à mis presque 2 h pour pondre ses heures, sortir de son “nid” et retourner à l’eau. Parfois, nous avons pu l’entendre souffler, comme soupirer, tellement elle fournissait des efforts !J’ai été impressionnée par l’énergie fournie par cet animal pour répondre à l’instinct de survie liée à la reproduction de son espèce.
Au petit matin, vers 5h30, au lever du jour, nous avons pu observer une autre femelle. Ce qui m’a permis de prendre quelques photos. Elle devait être beaucoup plus jeune que celle observée dans la nuit, car beaucoup plus “petite”.
Autre cadeau : les baobabs et… les repas !

Une autre belle surprise de ce bivouac fut la rencontre avec les baobas. Pour moi, cet arbre est lié aux contes. À des endroits magiques où tout peut advenir. Leurs formes parfois biscornues s’y prêtent tellement ! Elles sont parfois tellement artistiques !!!
Il y en 2 espèces de baobab sur l’île. Bon j’ai oublié les noms… peu importe. Ce que j’ai retenu des explications de notre guide, c’est qu’une des caractéristiques de cet arbre est qu’il peut absorber l’eau de pluie via son écorce. En même temps, c’est un super moyen je trouve pour capter le maximum d’eau.
Cette écorce particulière était très utilisée auparavant pour fabriquer des cordes : quand elle trempe dans l’eau, les fibres se détachent formant comme des fils naturels qui étaient ensuite tressés pour fabriquer des cordages. Par contre, le “bois” ne pouvait servir pour la construction. Ses fruits sont également comestibles. Pour le moment, je n’ai pas eu l’occasion de les déguster.



À propos de dégustation, je crois que ce sont vraiment les meilleurs repas que j’ai pour le moment faits à Mayotte. Je me suis déjà régalée de quelques bons plats mais là le cuisinier de l’équipe nous a vraiment chouchoutés : il y a eu du poisson et de la viande vraiment très bien assaisonnés tout comme les accompagnements. Tout cela cuisiné sur place. C’était très réconfortant pour moi en tout cas.
Je referai certainement ce bivouac. Ne serait-ce que pour me ressourcer et peut-être avoir la chance d’observer une émergence : ce moment où les bébés-tortues viennent de quitter leur coquille et foncent vers l’océan. Et qui sait, quand je serai plus acclimatée à Mayotte, peut-être je me proposerais pour être bénévole et participer aux temps d’observation des tortues.

Pour en savoir plus sur les Naturalistes de Mayotte :

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