F… comme faune mahoraise

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Voici une modeste revue des animaux que j’ai pu croiser à Mayotte depuis mon arrivée. Certains me sont familiers, d’autres beaucoup moins !

Depuis quelques semaines, Mayotte me donne à voir une partie de sa faune. Des petits moustiques tigre, que nous connaissons désormais en métropole, à ses vertes tortues, voici quelques-uns des spécimens déjà rencontrés.

A … comme Araignées

Un des spécimens rencontré dans mon jardin !

Ici pas de mygales. Mais quelques beaux spécimens, heureusement inoffensifs !

C comme Corbeaux-pie

(photo Internet)

… du fait de leur plastron blancs. Eux sont très nombreux en ville et font les éboueurs. Merci !

comme Chouette

… mais je n’ai pu identifier de quelle chouette il s’agit, car elle est passée à la tombée de la nuit et rapidement. Mais j’ai bien reconnu son vol et son cri car il y a en avait une aussi ces derniers temps à Vouillé.

comme Chats et Chiens et … colère !!

Alors là, c’est ma corde sensible ! Ici les chats et les chiens ne sont guère chouchoutés. Au mieux les gens y sont indifférents, au pire ils leur font subir des sévices, ou organisent des combats canins. Il y a quantité de chats et chiens errants, donc non stérilisés donc qui se reproduisent sans cesse. En sachant que les chiens à Mayotte ne sont pas très aimés : l’islam considère la bave de chien comme impure.

J’ai aussi déjà dû laisser pour presque morts quelques chatons. Des associations sont présentes sur l’île et font de leur mieux pour aider ces animaux mais le chantier est gigantesques ! J’ai fait appel à l’une d’elle pour un des chatons mais aucune solution satisfaisante n’a pu être trouvée. Et je ne peux pas les recueillir… déjà c’est impossible dans ma colocation et puis ce serait sans fin… il y a tellement de chatons errants… Mon coeur en est resté lourd… c’est une facette de Mayotte que j’ai du mal à digérer. Tout comme la maltraitance subie ici par les humains, notamment les plus vulnérables d’entre nous, les enfants. No comment.

Tchak-Tchak, la minette du CMPEA 🙂

Bref.Il y a quand même deux bonnes nouvelles : je vous présente Tchak-tchak, jeune femelle de peut-être 3 ou 4 ans qui a élu domicile dans le jardin du CMPEA ; et Grosses Patounes, 4 mois, un petit de l’avant-dernière portée de Tchak-tchak. Avec une collègue, et grâce à une association « Aide aux Chats Mayotte », nous avons fait le choix de faire stériliser la femelle ; et d’envoyer en métropole pour adoption le chaton. Une goutte d’eau dans l’océan indien. Une façon pour moi en tout cas de sortir un peu de l’impuissance dans laquelle je me sens trop souvent ici. Je fais de mon mieux !

Et notre Grosses Patounes chéri ! Encore un peu sauvage, mais l’appel de la croquette est souvent plus fort que sa peur et il se laisse caresser… et finit parfois par savourer autant les câlins que les croquettes !!

… comme Chèvres

Des biquettes croisées sur mon chemin, en périphérie de Mamoudzou… en ville donc et sur fond de décharge sauvage !

Ici pas de troupeaux de chèvres qui paissent tranquillement dans un champ verdoyant. Que nenni ! Les chèvres que je croise sont souvent en ville, quelques fois en liberté, le plus souvent attachées à une corde dans des coins où elles peuvent se nourrir. Et guère plus de 3 ou 4 à la fois.

Idem pour les vaches. Pas de pâturages ici. Les vaches sont attachées … ben là où elles sont attachées. En fait, les quelques bovins que j’ai croisés n’avaient pas forcément beaucoup à brouter… Pour le moment, je n’ai pas d’explication.

En regardant bien, au fond de l’image, il y a deux autres vaches.

E comme Escargot

Désolée, la photo n’est pas très nette. Ce spécimen est passé à toute allure !!!!

Contrairement à certaines espèces menacées à Mayotte, cet escargot pose problème pour les cultures car il a un taux de fécondité élevé ! Il est nommé escargot géant d’Afrique du fait de sa taille pouvant atteindre de 8 à 20 cm. Et d’après ce que j’ai pu lire, il peut rendre malade l’homme. Rien de grave non plus !

F comme Fourmis

Surtout les minuscules fourmis rouges. Leur piqûre fait vraiment mal et l’acide formique prolonge la douleur. Il faut d’ailleurs faire attention quand on mange, parce qu’elles peuvent se trouver sur la nourriture et alors venir nous piquer dans la bouche !!! Ici d’ailleurs, nous mettons tout au frigo car les fourmis ont vite fait de s’installer dans les aliments.

G comme Geko Prononcez [jéko]

Eux ce sont mes chouchous. Ils vivent dans la maison. Ils rentrent notamment par les interstices des fenêtres coulissantes car elles ont du jeu. Hé hé ! Quand j’arrive, ils se cachent mais un peu comme un enfant qui se cacherait derrière son petit doigt ! Il y en a des gris et d’autres vert irisé avec le tour des yeux bleu-turquoise ! Et ils poussent des cris ronds et doux. Cela ressemble plus à un cri d’oiseau d’ailleurs qu’à celui d’un lézard. Je ne peux pas le décrire plus que cela car je n’avais jamais entendu ce cri. Ce que j’apprécie moins, ce sont leurs déjections… laissées ici ou là dans la maison !

Dommage… je n’ai pas pu le prendre de face. Ces gekos là ont le tour des yeux bleu-turquoise ! J’adore !

Dès que possible*, je publierai une vidéo d’un petit déjeuner que j’ai partagé avec un geko peu craintif et très gourmand.

H comme Hippocampe

Alors je n’en ai pas encore rencontrés, bien qu’ils soient présents dans le lagon, mais je ne pouvais passer à côté de l’emblème de Mayotte : l’hippocampe ! La forme de l’île vue du ciel ressemble en effet à ce poisson à la tête cheval.

comme Héron garde-boeuf

Il est présent sur les 5 continents et très commun à Mayotte. J’en vois passer souvent devant mes fenêtres !

M comme Martin triste

Ils ont un chant particulier que je n’avais jamais entendu. Ils sont bavard comme nos étourneaux, je trouve. Ils sont plutôt nombreux en ville. Pas autant que nos pigeons quand même. Originaires d’Asie, ils ont été récemment introduits à Mayotte.

comme Martin pêcheur

J’ai eu la chance sur une plage d’en croiser un. Une rencontre fugace et pourtant bien réelle car j’ai eu la confirmation dans le même temps par un biologiste présent à mes côté.

comme Maki

Autre emblème de Mayotte, ce lémurien est endémique de l’île. C’est-à-dire que cette espèce n’existe qu’ici. Alors pour être précise ce « primate lémuriforme » ou Eulemur fulvus mayottentsis, est une sous-espèce. L’espèce principale Eulemur fulvus est malgache. Voilà, tout est dit !

Ce que je sais sur eux : ils sont frugivores, et un peu envahissants parfois. Surtout quand ils n’ont plus à manger, comme après le cyclone Chido (en décembre 2024) et qu’ils se rapprochent des hommes. Ou quand ils se servent directement dans les cultures agricoles.

J’ai pu les voir à l’œuvre dans mon jardin où une petite famille est venue se régaler de quelques fleurs de passiflore. Ou bien sur la terrasse de mon lieu de travail où ils sont venus chiper quelques restes de riz laissés aux minets qui ont élu domicile ici.

Il est d’ailleurs fortement déconseillé de les nourrir quand ils viennent nous rendre visite. Bien qu’ils soient vraiment très attendrissants.

comme Moineaux

Les mêmes qu’en métropole ! L’espèce a été introduite à Mayotte en 1940.

comme Martinets

Le martinets des palmes est le plus commun sur l’île (photo internet).

Il ne s’agit ici pas des martinets de nos campagnes. Sur l’île vivent les martinets malgaches et les martinets des palmes. J’ai pu en observer plusieurs depuis ma terrasse. Ils ressemblent tout de même beaucoup à nos martinets.

… comme Moustiques tigre

Petits et tigrés, ils viennent piquer sans se faire remarquer. Et ils m’adorent. Quand je m’asperge d’anti-moustique, je suis tranquille. Mais cela ne fait pas effet toute la journée, et puis des fois j’oublie… en sortant de la douche par exemple. Et s’il y en a dans la coin, ils ne me loupent pas. Alors dans l’absolu, ce n’est pas grave. Mais ils transmettent entre autre le chikungunya. Cette maladie, rarement mortelle fort heureusement, affaiblit beaucoup l’organisme et semble douloureuse. Alors oui, parfois, j’avoue, je tue des moustiques ! C’est eux ou moi !

R comme Roussette

(photo internet)

Je suis tombée sous le charme de ces chauve-souris immenses : celles que j’ai croisées avaient peut-être un corps grand comme celui d’un chaton de 2/3 mois et des ailes en proportion. Elles sont diurnes donc il est possible de les observer facilement. Comme les tortues marines et les makis, elle est une espèce protégée du fait du déclin de leur population sur l’île.

Pour empêcher le braconnage de ces espèces, des policiers de l’environnement ainsi que des bénévoles d’associations patrouillent sur l’île le jour et surtout la nuit.

S comme Scolopendre

(photo internet)

Il semble que sur l’île, le seul animal à vraiment redouter est la scolopendre. Sa piqûre est douloureuse mais pas mortelle. Il se trouve que j’en ai croisé une il y a quelques jours. Elle est sortie du siphon de la douche !!!! Ouh la la ! J’ai craqué et je l’ai tuée… outch !

Pour la petite histoire, le genre du nom « scolopendre » semble en train de muter… si si ! J’ai moi-même été étonnée de lire en faisant des recherches que c’est un nom commun féminin. Dans le courant du XX ème siècle, il a été de plus en plus usité au masculin qui peu à peu devient son nouveau genre !

T comme Tortues marines

Je ne vais pas faire de redite sur le sujet puisque j’en ai parlé récemment. néanmoins j’avais à cœur de les citer. Elles me permettent en plus de faire une belle transition vers mes prochaines découvertes, puisqu’elles vivent un peu sur terre et beaucoup dans l’eau,

Dans quelques semaines, je vais aller faire un tour sous l’eau : je m’offre un baptême de plongée. Le peu que j’ai peu voir des fonds marins ici ressemble au monde de Némo ! Je vais donc me régaler dans l’un des plus grands lagons du monde ! si si !

Étonnant dugong !!! (photo internet)

Et dans un futur proche, je vais aussi aller observer des dauphins et peut-être quelques raies mantas si j’ai de la chance. Les baleines ce sera pour cet été. Elles ne sont pas encore arrivées.

Enfin, je serais honorée de rencontrer des dugongs. Mais mes chances sont minimes car malheureusement ces mammifères sont en voie d’extinction: il en resterai moins de 10 spécimens dans le lagon, la faute à une pêche excessive ! Grrrrrr….

Il y a bien sûr plein d’autres animaux sur l’île. Ma revue animalière est loin d’être complète. J’ai ainsi vu voler pas mal d’insectes et d’oiseaux notamment lors d’une rando. Il y a aussi des couleuvres et des rongeurs, etc… et puis toute une faune invisible je n’en doute pas.

* je rencontre des problèmes techniques pour le moment quant à la publication de vidéos.

Pour en savoir plus sur les oiseaux, voir le site de GEPOMAY, le groupe d’études et de Protection des oiseaux de Mayotte : gepomay.fr

Et sur la nature mahoraise en général, les Naturalistes : naturalistesmayotte.fr

Commentaires

Une réponse à “F… comme faune mahoraise”

  1. Vincent Granger

    Ouah ! Merci pour cette plongée dans la faune mahoraise. C’est riche et intriguant. Je crois que mes préférés sont les geckos. Hâte de les découvrir dans tes vidéos 😉

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