Une histoire au poil !

·

Depuis plusieurs semaines, Magic Mayotte est bien silencieux, pour cause de fatigue et de vacances dans l’hexagone ! Me revoilà donc. Avec pour commencer, une anecdote plutôt savoureuse… d’un voyage hors norme avec onze jeunes chiens de Mayotte à Paris.

Voilà l’histoire.

Il était une fois… c’est presque ça, hé hé ! C’est en tout cas une histoire, une histoire avec des humains et des animaux. De chats au départ en fait. Puis de chiens finalement.

À Mayotte, il y a beaucoup de chiens et de chats errants. Plus ou moins en bonne santé. Combien de fois, depuis mon arrivée, j’ai croisé des minets, parfois de quelques semaines, en piteux état. Les chiens sont plus à la campagne, donc j’ai en peu croisés, mais en général, ils ne sont pas mieux lotis. Chats comme chiens sont souvent ignorés, voire maltraités, etc…Mon petit coeur a donc été souvent malmené.

Sur mon lieu de travail, il y a deux chats. Une collègue nourrissait le duo mère-fils. Ensemble nous avons donc décidé de les faire a minima stériliser, voire pour le chaton programmer un départ en métropole !

Notre duo de minets : Grosses Patounes, le petit roux, et sa maman,
Tchak-Tchak, “encas” en shimaoré !

En préambule, une histoire de chats !

C’est de là que je me suis mise en contact avec des associations locales d’aide aux animaux. Dans un premier “Aide aux Chats Mayotte” (ACCM), une association qui finance les soins aux chats errants : stérilisation et puçage; et si départ en métropole pour adoption, ils financent les vaccins en plus et autres tests pour avoir un “passeport”.

Ainsi les deux minets du CMPEA sont aujourd’hui stérilisés, etc… Cela a été encore toute une aventure de capturer ces chats, car ils restent malgré tout sauvages, de les emmener à pied ou en taxi chez le véto, etc… avec ma collègue, nous avons beaucoup stressé, beaucoup sué, beaucoup ri !

Je digresse là mais Mayotte c’est toujours une aventure (… pour les mzungus, les métro quoi) : ainsi, il nous a fallu d’abord attraper le chat encore sauvage, tôt le matin soit vers 6h/6h15, le rdv étant à 7h chez le véto. En sachant que nous n’avons pas la certitude que le chat sera là. Pour Grosses Patounes, cela a été assez facile la 1ère fois. Il est tellement gourmand et il ne s’est pas méfié de moi quand je me suis approchée pour l’attraper et le mettre dans la cage. Bon, il ne pouvait pas savoir que j’ai pas mal d’expérience avec les chats, hé hé !

Grosse Patoune, un minet encore un peu sauvage et très gourmand !

Alors Il a fait la gueule au retour et n’est pas revenu tout de suite. Comme nous avons dû le ramener pour la stérilisation, la seconde fois, on a dû mettre la barre plus haute pour l’attraper: pâtée de luxe pour chat !!! J’ai un peu honte de cette supercherie, mais il s’est fait avoir ! J’y suis allée avec délicatesse tout de même. Disons une main de fer dans un gant de velours.

La suite a été comique aussi. Entre temps, nous avions aussi essayé d’attraper la minette : plus âgée et plus agressive… j’ai essayé à deux reprises de la mettre dans une “boîte à chat” classique, mais c’était trop risqué pour moi, car elle ne s’est pas laissé faire.

Nous avons opté pour la cage-trappe ! Pas facile à trouver à Mayotte. Les associations n’en avaient pas à nous prêter, etc… Ma collègue, par le bouche-à-oreilles (plus efficace que les réseaux virtuels… si si !) a fini par en trouver une : dans une librairie chrétienne tenue par des Soeurs, qui elles aussi nourrissent, capturent et font stériliser les chats. Les surprises mahoraises !!!

Donc cette cage-trappe nous a servis pour y déposer Grosses Patounes encore endormi après son opération. Ordre du vétérinaire de le laisser jusqu’au lendemain matin sous surveillance. Autant dire que le minet n’a pas apprécié. Même s’il semble resté calme durant la nuit, il est sorti comme une fusée quand j’ai ouvert la cage. Il n’est pas revenu tout de suite… idem pour Tchak-Tchak, opérée il y a 8 jours. Qui vient seulement de revenir au CMPEA ! Et qui ne semble pas rancunière, car elle vient à nouveau chercher les câlins. Elle a quand même disparu plusieurs jours… comme je la comprends ! Elle a dû tellement stressé chez le véto !

Tchak-Tchak pas contente du tout dans la cage-trappe !

Donc opération “Minets du CMPEA” terminée ! Et finalement Grosses Patounes restera à Mayotte. Nous avons fait ce choix-là car il est bien dans l’enceinte du CMPEA. Il n’est pas très câlin pour le moment. Il est surtout très gourmand ! hé hé ! Il est encore très proche de sa mamam-chat. Et ils ont un lieu sécure ici.

Puis une histoire de chiens … et d’avion !

Mon intérêt pour les animaux de l’île m’a ensuite fait découvrir sur Facebook, une autre association : l’Arche d’Hélios. Tout comme AACM, ils recueillent des animaux (chiens et chats), leur font des soins, les envoient ou non en métropole, selon les demandes d’adoption.

Concernant l’envoi en métropole, cela me choquait au début. J’ai appris qu’en fait peu d’habitants sur l’île ont des animaux domestiques pour tout un tas de raisons (culturelles, religieuses, etc…) et il n’y a pas de refuge pour animaux, comme avec la SPA. Et certains mzungus adoptent des chats à Mayotte et quand ils rentrent en métropole… ils les abandonnent sur l’île. No comment !D’où ces sortes de transhumances de Mayotte à Paris, via le fret ou via des passagers, qui, comme moi, se proposent pour accompagner les animaux pour le voyage. Dans ce dernier cas, l’association ne paye que le supplément sur le billet du “co-avionneur”.

Voici Betty, une petite toutoune de quelques semaines,
déjà adoptée en métropole. Elle part donc avant
le reste de sa fratrie. Là c’est avant d’embarquer.
Elle se dégourdit encore les patounes !

Sans trop réfléchir à vrai dire, j’ai pris contact avec l’association et de fil en aiguille, j’ai accepté de m’embarquer dans cette aventure qui s’avérera “canine” car j’étais ok chats et chiens. Jusqu’au jour du départ, je n’ai rien eu à faire se ce n’est envoyer mon billet d’avion pour que l’association puisse y ajouter le ou les chiens. J’étais aussi ok pour avoir un animal avec moi en cabine et d’autres dans des cages spéciales en soute. Je n’étais pas au bout de mes surprises….

Le Jour J

Quelques jours avant le départ, l’Arche d’Hélios a créé un groupe Whatsapp pour faciliter les échanges entre tous les participants : les membres de l’association sur place et en métropole, les famille d’accueil des toutous, et les deux passagères, une dame et moi-même donc. Déjà dans l’intitulé du groupe, j’ai trouvé qu’il y avait pas mal de nom de chiens : 8 ou 9, je ne sais plus. Et petit à petit, au fil des échanges, j’ai commencé à comprendre que j’aurais un chiot avec moi en cabine mais ça c’était ok, mais aussi plusieurs chiens en soute… alors j’avais imaginé cela, mais avec seulement une ou deux cages… mais une fois arrivée à l’aéroport le jour J, il y avait finalement 5 cages et 10 chiens en plus des 2 chiots en cabine ! et les 5 cages étaient pour moi !!!!

En attendant l’arrivée de tous les toutous et de tous leurs passeports !!!!

Bon impossible de faire machine arrière. Une part de moi flippait, mais une autre part de moi était aussi heureuse de rendre service et puis de vivre une fois de plus quelque chose de peu commun. Et puis dans l’avion, il y avait aussi l’autre personne qui prenait un des chiots en cabine. Et aussi un ami de ma collègue fan des chats. Il a découvert en arrivant à l’aéroport sa mission du jour. Et même s’il n’était pas chaud, il s’en est acquitté largement. Heureusement qu’il était là ! … je n’ose pas imaginer le chantier si l’avion avait eu un soucis et que nous avions dû faire une escale imprévu de plusieurs heures – cela est arrivé en décembre dernier où un avion d’Air Austral, la compagnie sur laquelle j’ai voyagé, a dû faire une escale technique imprévue à Milan de…. 36 heures ! D’autant qu’à l’arrivée j’ai pris conscience que tous les chiens n’avaient pas forcément de colliers ni de laisse… bref, je vais faire un retour à l’association avant le prochain départ.

Les cinq cages sur trois chariots ! Heureusement que les bénévoles
de l’association m’ont accompagnée jusqu’à l’enregistrement des bagages,
mais aussi des passagers “hors normes” que sont les animaux.

C’est le moment ensuite de sceller les cages, de vérifier les papiers etc… les jours précédents chaque famille d’accueil a dû aller voir le vétérinaire pour certifier que chaque chien était en bonne santé. Chaque cage porte le nom du ou des chiens qu’elle contient, avec le nom de l’association. Il peut effectivement y avoir plusieurs chiens par cages, quand il s’agit de chiots, ce qui était le cas. Les loulous couinaient un peu mais ça va… et comme pour Betty, l’attente a été longue pour eux !

Une partie de la clique de toutous !
Dans cette cage, un des toutous ne sait pas encore qu’il va atterrir dans une famille que je connais très bien… moi non plus au moment de la photo je ne le savais pas, tout comme les futurs adoptants ! … à suivre…
Une bonne tête … encore un amour de chien !
Mon préféré ! Il semble sorti d’un dessin animé… sauf que
son histoire n’est pas des plus gaie car il a été maltraité!
Mais aujourd’hui c’est fini. Une nouvelle vie commence pour lui !
Quelques-uns des toutous !!! Et oui, il manque une cage mais je n’ai pas de photos…

Un vol sans encombre, heureusement !

Concernant Betty, elle a voyagé avec moi en cabine, dans un sac spécial. Le plus dur pour elle aura été surtout l’attente avant l’embarquement : il faisait très chaud et il a fallu passer les divers points de contrôle donc c’était long pour tout le monde ! Heureusement, j’ai pu la sortir un peu de son sac. Elle a pu s’allonger sur le sol un peu plus frais.

Betty qui roupille dans son petit sac spécial toutou ! Cela a été un vrai bonheur d’être avec elle… et lui faire discrètement des câlins sans le steward me voit a été très agréable pour moi aussi !

Une fois dans l’avion, elle s’est endormie presque aussitôt à mes pieds. J’avais interdiction de la sortir de son sac, mais bon, de temps en temps j’ouvrais un peu la porte pour la caresser. Elle a dormi presque tout le voyage qui a tout de même duré 12 heures (10 h de vol et 2h d’escale technique au Kenya). Et le peu de temps où elle a été éveillée, elle a un peu joué et puis je l’ai bercée, si si ! Et ça a fonctionné ! Aujourd’hui, elle est dans sa nouvelle famille.

Fort heureusement le vol s’est passé sans encombre. Une autre étape m’attendait : récupérer ma valise et les chiens !!! En sachant que nous avons atterri vers 20h et qu’il fallait ensuite que je me rende à Pantin… ha ha ! Rien de grave en vrai ! Donc d’abord trouver des chariots pour moi et pour les cage et attendre ma valise. Je savais que les “bagages hors normes” arrivent en dernier donc pas de panique… enfin en théorie ! Parce que tout peut très vite déraper dans un aéroport : problème de valise, de passeport, de douane, de … etc… Rien de tout cela pour moi fort heureusement.

L’arrivée des cages … enfin !

Pour être franche, je ne sais pas du tout comment cela se passe pour les chiens en soute. Toujours est-il qu’à l’arrivée à Roissy, tout le monde avait l’air d’aller bien. Ils étaient surtout affamés, car à jeun depuis la veille, et pressés de faire leurs besoins.

À la sortie de l’ascenseur, les douaniers ont tous été attendris par Betty et toute la clique ! Ils m’ont aidé, ainsi que l’ami qui m’accompagnait, à mettre les cages sur les chariots et à rejoindre la sortie où m’attendaient trois membres de l’association dont Sandrine, la dévouée présidente.

J’ai ensuite prêté main forte aux bénévoles pour dégourdir et nourrir les chiens. Cela a été quelque peu rock’n roll : nous étions dans un parking en sous-sol avec les chiens plus ou moins en liberté, un peu tout foufou pour certains !!! Là ça a été un peu le truc de trop pour moi, d’autant qu’un des chiens a baptisé mon sac à main… bref !!! Hé hé ! J’ai respiré et quand j’ai vu que tout commençait à rentrer dans l’ordre, j’ai quitté la joyeuse troupe et pris le chemin des taxis pour rejoindre Mathéo à Pantin où il réside en ce moment. J’ai un peu craqué car j’étais fatiguée du voyage et des trois moins à Mayotte… mais après des câlins avec Mathéo, une bonne douche et un peu de grignoti, ça allait mieux.

L’installation des chiots dans la camionnettes.
Franchement ils ont été adorables !!! (photo Sandrine).

Pour la petit histoire, Sandrine, la présidente, a embarqué les douze toutous dans sa camionnette aménagée direction… Mauzé-sur-le-Mignon ! Donc à quelques kilomètres de Niort. Car Sandrine navigue entre ce village, La Rochelle et Paris.

En route pour les deux-Sèvres !!! (photo Sandrine). Là c’est un des ados de la bande !

Tout le monde est à ce jour arrivé à bon port : la plupart des chiens ont rejoint leur nouvelle famille. Certains sont encore à l’adoption (voir le lien internet en fin d ‘article). Pour ma plus grande joie, j’ai des nouvelles des uns et des autres via le groupe Whatsapp. C’est bon de voir qu’il est aussi possible sur cette planète de vivre du chaudoudoux !!!!

Après ce si long voyage, une bonne gamelle de croquettes et une grosse sieste s’imposent !!!! (photo Sandrine).
D’autres petits chouchous. Le petit White a lui aussi
voyagé en cabine. (photo Sandrine).
Mon coup de coeur Sky a trouvé sa famille pour la vie ! (photo Sandrine).

… l’histoire n’est pas terminée !

Je ne vous en dis pas plus tout de suite… mais il se trouve que la vie nous réserve parfois des surprises plutôt incroyables. En tout cas, si quelqu’un m’avait dit que ce voyage étonnant se terminerait ainsi, j’aurais éclaté de rire !!! … Il va falloir patienter encore un peu pour connaître la suite… pas trop longtemps, promis !

Un indice… mais chut pour celles et ceux qui auront trouvé…

Voilà, Mayotte c’est aussi ce genre de belle aventure. Je m’interroge tout de même quand je me vois déployer autant d’énergie pour des animaux. Rien de bien nouveau pour moi car j’ai toujours aimé choyer les animaux, au point de ne plus en manger (ou presque… bref). Pourquoi est-ce que cela ne pourrait pas être aussi simple d’aider les humains à trouver du soutien ? Manger, se loger, ou avoir facilement un passeport par exemple. J’ai bien conscience que passer les frontières, changer de pays, accueillir des étrangers, etc… est un sujet complexe, et à Mayotte j’y suis confrontée au quotidien.

Je me dis aussi que de traiter avec bienveillance les animaux c’est aussi faire preuve d’humanité, ces êtres vivants sont des êtres sensibles tout comme chacun de nous. C’est en tout cas mon point de vue. Ma réflexion sur ces sujets chemine en s’enrichissant de mes expériences et de mes rencontres, mes lectures, etc… Work in progress !

Liens vers les associations si vous voulez avoir plus d’infos, faire des dons ou adopter un animal 😉

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *